Un bon projet urbanistique n’autorise pas la souffrance animale

Fontenaisienne depuis l’enfance, scolarisée aux Ormeaux, j’ai grandi ici, dans le quartier « Blagis-Gare » traversant régulièrement à pied le quartier des Blagis, mes grands-parents habitant juste à côté au 2 de la cité des Cuivrons à Bagneux.

Le projet de reconstruction des Blagis m’apparait comme un très bon projet à plein d’égards : désenclaver un quartier qui a toujours été considéré un peu à part du reste de la Ville et offrir un logement décent aux familles, sans amiante et avec des cloisons permettant une vraie isolation phonique et thermique. Je ne suis pas architecte ni urbaniste, le projet me semble, de mon point de vue néophyte, joli avec des espaces bien pensés et une place importante faite aux espaces pour les promeneurs de 2 ou 4 pattes.

Il n’est plaisant à personne de devoir abattre un arbre quelle que soit la raison. C’est souvent une décision prise la mort dans l’âme : arbre malade, dangereux (racines ou branches) et parfois simplement très mal placé… Ce point est en effet problématique : l’arbre mal placé était là avant le projet, et quand le contourner est impossible, c’est souvent le projet ou l’arbre…

Récemment aux Blagis, il a fallu abattre 3 peupliers car la construction du nouvel immeuble remplaçant l’ancien allait fragiliser les racines et condamner ces 3 arbres à une lente agonie et à un manque de sécurité pour les riverains. En contrepartie, le projet de quartier porte la plantation de plusieurs arbres et notamment un verger. Evidemment, il faudra plusieurs années pour que ces arbres deviennent aussi grands et ce sont nos enfants et petits-enfants qui en profiteront.

Aujourd’hui un autre arbre a été abattu sur le terrain du bailleur Hauts-de-Seine Habitat par le bailleur Hauts-de-Seine Habitat, et bien que d’un naturel compréhensif, je ne décolère pas. Cet arbre était très grand, et sans doute lui aussi mal placé ou même peut être malade. Un affichage d’élagage était annoncé, la coupe a été plus sévère que prévue.

Le règlement du Parlement européen et du Conseil n° 1306/2013 du 17 décembre 2013, article 94, impose aux États membres de prendre une mesure sur « l’interdiction de tailler les haies et les arbres durant la période de reproduction et de nidification des oiseaux ». En France, nous avons décidé l’une des périodes les plus courtes : du 1er avril au 31 juillet, d’après un arrêté du 24 avril 2015 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE). Pourtant le bailleur Hauts-de-Seine Habitat a mis en place un élagage qui s’est fini par un abattage, sans demande d’autorisation, ni même information des services municipaux, sans affichage préalable, le 12 avril… c’est-à-dire dans la période interdite, et sans autorisation administrative. Rappelons ici que si un arbre est identifié au PLU, sa coupe doit faire l’objet d’une déclaration préalable de travaux en vertu des articles L113-1 et L113-2 du code de l’urbanisme.

On peut nettement voir un nid occupé dans l’arbre, aucune mesure n’a été prise, il aurait sans doute fallu attendre quelques jours ou simplement prévenir une association, ou par le respect du délai de prévenance : effaroucher, il y a quelques jours, les parents pour qu’ils aillent nicher ailleurs … mais rien !

Cette situation n’est pas acceptable, ce mépris des règles qui n’ont pas d’autres vocations que celles de protéger des êtres vivants et enfin l’irrespect même de ces individus laissés comme de vulgaires déchets sur le trottoir m’est insupportable.

Par ma responsabilité d’élue : il me semble primordial de rappeler à tous (fontenaisiens, entreprises, services divers, bailleurs…) par voie d’affichage, de communication sur les supports de la ville, la règlementation en matière d’élagage et d’entretien des haies pour que cette situation ne se reproduise pas.

Il me semble aussi important de présenter à M. Le Maire ou au Conseil Municipal (le PLU étant intercommunal) un projet de texte visant à interdire formellement l’abattage ou l’élagage lorsqu’un nid est découvert et ce jusqu’à la mise en place d’une solution permettant la survie de l’animal ou la vérification de l’abandon du nid, par exemple par l’utilisation peu coûteuse de drone.

Malheureusement, quoi que l’on fasse, ces oiseaux ne revivront pas, je demande donc par tous les moyens, judiciaires si nécessaires, que le bailleur Hauts-de-Seine Habitat s’explique sur sa démarche et prenne l’engagement ferme de respecter les dates d’élagage et d’anticiper la nidification des oiseaux, pour que chacun puisse simplement être tranquille et en sécurité chez soi, avec ou sans plumes.

Cécile Collet,

Conseillère Municipale déléguée à la Condition Animale

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