Non à la violence

NB : Contrairement à ce qu’il avait été annoncé au maire par l’équipe médicale le soir du drame, Adem se bat encore pour rester en vie, offrant l’espoir que nous attendions tous. Nous joignons collectivement toutes nos pensées à sa maman et à toute sa famille et son entourage.

J’ai été appelé hier soir en urgence aux Blagis où un jeune Fontenaisien a été sauvagement agressé. Les médecins étaient hier soir très pessimistes sur ses chances de survie. Aucun parent ne devrait vivre un tel drame, et mes pensées vont en premier lieu à sa mère, son frère, sa famille et ses amis. Etre victime d’une telle violence à 17 ans est un drame intolérable, impensable à Fontenay-aux-Roses. Les premiers éléments communiqués hier par la police semblent indiquer que les responsables de cet acte seraient des jeunes venus d’autres quartiers, liés à un trafic de stupéfiants, l’enquête est en cours.

Il y a quelques semaines, un autre jeune Fontenaisien de 20 ans a été assassiné aux Blagis, quelques semaines après sa sortie de prison, et la police privilégie l’hypothèse d’un règlement de compte. Restent ici encore la douleur des familles et des proches, l’émotion de tous ceux, y compris les agents de la ville, qui l’avaient vu grandir dans le quartier et basculer dans la délinquance.

Entre ces deux évènements, à plusieurs reprises, les polices municipale et nationale ont dû essuyer des tirs de mortier de feux d’artifice, là encore par des jeunes n’habitant pas le quartier et qui tentent d’y imposer leur loi.

Cette spirale de violence est consternante, elle n’est pas pour autant surprenante. Dans tous les quartiers de France construits dans l’urgence des années 50 et 60 où on a ainsi concentré la fragilité sociale, parfois la grande pauvreté, dans le cadre d’un urbanisme qui fait de ces quartiers des enclaves coupées de la ville, au statut de propriété privée rendant difficile l’intervention des services de l’Etat, dont les constructions, de qualité médiocre, se dégradent anormalement vite, on voit aujourd’hui les mêmes dérives, l’insécurité, la violence, née de la perte de l’égalité des chances et de l’absence de repères.

Ces dérives ne sont pas inéluctables. C’est pourquoi le projet de reconstruction des Blagis actuellement en cours a aussi pour objectif de lutter contre la ghettoïsation en revalorisant le quartier, en réintégrant ses rues dans le domaine municipal, permettant l’intégration au dispositif de vidéoprotection, en redonnant une vraie qualité de vie à chacun. Cette démarche est seule à même de restaurer durablement la sécurité de tous et de donner toutes les chances à nos jeunes des Blagis. Certains élus de la république qui veulent toujours nous faire croire qu’un simple ravalement de façade et quelques travaux d’isolation suffiraient aux Blagis et qui s’évertuent à ralentir par tous moyens, y compris juridiques, le projet, relèvent au mieux de l’inconscience, au pire de l’irresponsabilité.

J’ai convoqué dès ce matin un conseil local de sécurité en urgence, afin d’évoquer avec les services de l’Etat les mesures qui, à court terme, sont nécessaire pour tenter d’enrayer ce processus dramatique.

Laurent VASTEL